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Jean-Claude Bélégou PLACES (1980/1982)

 

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People and human presence are banned from this serie. As a result, the serie looks like a progression of a mourning which echoes Roland Barthe's theory on photography and death.
Photography as a relic of a loss, and condition for oblivion.


Librairie La Licorne, Caen ;Salle Des Fêtes, Harfleur ; Galerie Cordier, Rouen ; Théâtre De L'hôtel De Ville, Le Havre; Galerie Ethel, Paris ; Poterie IV, Bayeux ; Centre D'action Culturelle, Montbéliard ; Galerie Bock, Innsbruck ; Congres Des Gens D'images, Toulouse ; Galerie Municipale Du Château D'eau, Toulouse.

Lieux, Black and white photographies on double-weight, fiber-based paper 30 x 40 cm printed by the artist, limited editions, delivered matted, numbered and signed.

 

LIEUX

Dans cette ville, je marchais - jamais au hasard. J'allais dans ces lieux où il s'était noué quelque chose avec toi, je venais de ces endroits, je continuais d'aller vers eux. En ces lieux où seul je pouvais être.
Dans ces endroits qui ne demandaient qu'à se charger de sens, se prêter au sens. Dans cet appartement vide aussi. De ce sens déjà latent en moi.
(De l'image latente qui ne désirait que se charger de sens, du sens de l'absence.)
Allant d'un point à un autre, de ces points névralgiques de notre rencontre - non seulement l'étape originelle de notre aventure, mais plus essentiellement notre lien.
J'avais tout vu auparavant, tout vécu.
Il y avait de dressée une liste d'images à faire.
Un goût d'abandon, de désert, de deuil.
Du rôle commémoratif de la photographie.
Ce premier jour, je t'ai écrit, à la fin de la prise de vue, écrit de ce bar, écrit que j'avais été contraint de terminer avec mes gants et que le moteur sur l'appareil était bien commode en ce froid.
Lieux en négatifs.
C'était une de ces époques, elles sont dans notre histoire les plus nombreuses, où tu étais pour moi inaccessible.
Peu importe que les images signifient précisément ceci ou non, qu'il y ait une réussite en ce sens : l'échec de l'empreinte fait partie de cette volonté dérisoire de sauvegarde, car cette volonté se joue toujours de pair avec le désir d'oubli.
Peut-être alors s'agissait-il de produire les images qui deviendraient elles-même en tant qu'images, le lieu de l'oubli.
Une manière froide, en même temps que totalement sûre d'elle-même. En même temps que totalement en proie au doute.
Repasser par ces monuments...
Dernière vue du film : le quai de la gare. La pendule marque seize heures vingt. Sur l'amorce du film trois cent quatre-vingt-un des vues partielles de toi de dos.
Lieux abandonnés «comme si il y avait eu la guerre».
Puis les chambres d'hôtel, lieux vides de vie par excellence, lieux du provisoire et du contingent.
Vues brouillée enfin. Vues du train.

jean-Claude Bélégou, texte écrit pour l'exposition Lieux, à Rouen, avril 1981.